Lancement de la première boite à outils à l’usage des entreprises européennes responsables

Jeudi dernier, Philippe et moi participions au lancement de la « boîte à outils » de CSR Europe.

Fondée en 1995 à l’appel de Jacques Delors, alors Président de la Commission européenne, CSR Europe est le plus grand réseau européen de promotion de la responsabilité sociale des entreprises. Burson-Marsteller Europe en est membre depuis juin dernier.

Fruit de 18 mois d’échanges entre entreprises et parties prenantes, cette « boîte à outils » fournit des solutions opérationnelles sur des sujets aussi variés que le management de la chaîne logistique, la prise en compte des changements démographiques ou encore l’inclusion des PME dans les réseaux de recherche et développement. Le 4 décembre, elle était présentée à Bruxelles, en présence des Commissaires européens Günter Verheugen et Vladimir Spidla.

En ces temps de crise, les participants n’affichaient pas vraiment la mine satisfaite qu’autorise normalement le travail accompli… Ils savaient au contraire que c’était là que les choses sérieuses commençaient. La présence attentive d’associations de surveillance des pratiques sociales des entreprises témoignait d’ailleurs de la pression pesant désormais sur leurs épaules…

Révélateur des difficultés auxquelles se heurtent ces entreprises pionnières en matière de RSE, cette conversation attrapée au vol dans la queue pour récupérer nos badges :
«    -     Comment ça avance chez vous ?
-    Ben nous venons d’annoncer 1500 suppressions de postes …
-    …
-    Il va pourtant bien falloir que je tienne mes objectifs sociaux ! »

Dans les discours en effet, ni fatalisme ni (trop de) langue de bois. Lucides, les responsables RSE que nous avons croisés au fil des ateliers savent que c’est d’abord auprès de leurs collaborateurs et de leurs actionnaires que se joue la pérennité des démarches qu’ils ont initiées. A ce titre, la bousculade devant le stand présentant les outils de valorisation financière des démarches RSE était assez symptomatique. De même, devant le stand « dialogue avec les parties prenantes », on parlait plus de relations avec les actionnaires que de campagnes ONGs (c’est pourtant la préoccupation traditionnelle de entreprises en matière de RSE). Ainsi que me le faisait remarquer une représentante d’une grande entreprise française, 30% des blocages que connaissent les démarches RSE sont d’ordre « interne » (au sens large du terme), alors que seulement 8% des échecs relèvent des relations avec les parties prenantes externes (et notamment avec les ONG).

Les membres de CSR Europe sont profondément convaincus que la RSE est la clef d’une croissance durable et équilibrée et un chemin que les entreprises n’ont pas d’autre choix que d’emprunter. Cramponné à sa boîte à outils comme à un bâton de pèlerin, chacun est reparti avec la ferme intention de faire de cette crise structurelle un facteur d’accélération de la prise en compte des enjeux RSE. Nous compris.

Laisser un commentaire