Cherchez la femme… |

Moi, vous me connaissez [1], j’adore ne pas être où l’on m’attend et je déteste crier avec les loups. Qui disait qu’il n’y a rien de plus con qu’une foule ? C’est si facile de se planquer dans la masse, de se distinguer par sa banalité et de montrer du doigt ceux qui prennent le risque d’accepter des responsabilités.
Tout ca pour dire que plus le troupeau attaque Madame Bachelot sur sa gestion de la grippe A, plus ma tendance naturelle me pousse à lui trouver des tonnes de qualités. Elle n’a pas besoin de moi pour écrire son panégyrique, elle a ses zélateurs. Mais disons-le : entre le marteau des millions de doses de vaccin et l’enclume d’une gripette dont on apprend qu’on aurait pu en souffrir sans même s’en rendre compte, elle ne peut s’en sortir qu’aplatie comme une feuille de soin.
Laissons les chiens aboyer, la caravane passe. Ou pas. En effet, le problème ne vient pas en l’occurrence d’un dévoiement du principe de précaution, lequel est comme on sait le vernis qui cache l’inaction. Il se loge dans un irrationnel sournois qui voudrait remettre en cause l’utilité de la vaccination. Les cendres du pauvre Pasteur doivent en être bien secouées.
Hier, j’étais face à mes étudiants : vous êtes-vous fait vacciner contre la grippe A ? Réponse unanime : non. Pourquoi ? Réponse unanime : parce que. Je ne leur ai pas dit que Joseph Meister, ce jeune alsacien de neuf ans qui reçu le premier un vaccin antirabique devait les juger sévèrement. Je ne leur ai pas dit que les médecins qui propagent, pour des raisons politiques et corporatistes, des doutes et même des certitudes sur l’utilité de la vaccination, mériteraient des purges et des saignées administrées par leur maître, Thomas Diafoirus.
Pour moi, entre Pasteur et Diafoirus, mon choix est fait. A la fin du Malade Imaginaire, Béralde suggère à Argan de se faire médecin lui-même et de revêtir la robe et le bonnet puisque lorsqu’on les porte, « tout galimatias devient savant et toute sottise devient raison ». Roselyne, relisez Molière tous les matins et il ensoleillera votre journée.
[1] J’emprunte cette formule à San Antonio lequel se loge, dans mon Panthéon personnel, pas très loin de Bobby Lapointe






25 janvier 2010 à 10:46
Mais alors, qu’as-tu dit à tes étudiants?
25 janvier 2010 à 11:51
Le parallèle avec le malade imaginaire est intéressant. Mais les difficultés ne proviennent-elles pas du fait justement qu’il soit imaginaire ?