Réseaux sociaux contre presse traditionnelle : entre opportunité et rivalité

Réseaux sociaux contre presse traditionnelle : entre opportunité et rivalitéEn tant que professionnels de la communication et des médias, nous savions que la confrontation était rude. Nous sentons au quotidien à quel point l’environnement s’est largement durci. Les contacts avec les médias, y compris ceux avec lesquels nous travaillons très régulièrement, ont changé.  Et pour cause : charge de travail accrue, pression grandissante, réduction de la pagination, baisse des effectifs… 2009 aura vraiment été une année grise pour de nombreux médias.

Notre étude menée en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique auprès de 115 journalistes de 27 pays différents confirme cette tendance : plus de 80% des journalistes interrogés se déclarent fortement impactés par la crise et la montée en puissance du digital. Ainsi, 81% des journalistes interrogés indiquent subir des restrictions budgétaires, 7% pressentent des restrictions à venir et seuls 8% se considèrent « épargnés ». Mais jusqu’à quand ?

En effet, le métier de journaliste est aujourd’hui profondément bouleversé : les effectifs des rédactions se réduisent comme peau de chagrin (22% des journalistes interrogés), le recours à des journalistes freelance est de plus en plus rare (30% des rédactions doivent désormais s’en passer), les abonnements aux agences de presse ou aux banques d’images sont supprimés (18%), l’espace imparti aux articles se réduit (18%).

Quant à l’avenir, les journalistes n’entrevoient pas de réelle embellie : même si 35% des interrogés s’attendent à un effectif stable dans les 12 prochains mois, 28% redoutent des réductions d’effectif et seuls 18% restent optimistes et envisagent des embauches.

Dans ce contexte, l’ère du numérique est-elle à l’origine de tous ces maux ou simple bouc émissaire d’une crise plus profonde ? Sur ce point, les journalistes sont partagés. Pour 17% d’entre eux, les médias digitaux constituent la plus grande menace et remettent en cause l’existence même de la presse traditionnelle. Etiquetés comme nuisibles : les blogs (pour 27% des journalistes interrogés), les moteurs de recherche (14%), Facebook (13%) ou encore Twitter (10%).

Mais impossible de parler ici d’opposition fondamentale car dans « frères-ennemis », il y a aussi le mot « frère ». Ainsi, 42% des journalistes interrogés voient les moteurs de recherche comme une opportunité, de même que les blogs (19%), les sites institutionnels d’entreprises (15%), Facebook (11%) ou Twitter (7%).

Et Burson-Marsteller dans tout ça ? Nous prenons plus que jamais notre rôle au sérieux. En effet, 83% des journalistes interrogés affirment clairement que les agences ont un rôle-clé à jouer dans leur quotidien, principalement en tant que sources fiables d’information (28%), intermédiaires facilitateurs de mise en relation avec des sources pertinentes (28%) et aides pour l’identification de nouveaux sujets (27%).

En tous cas, nous, consultants BM, nous avons choisi notre camp : celui du dialogue, persuadés de la complémentarité de nos métiers. D’ailleurs, ce ne sont pas nos 500 fans sur Facebook (un grand merci quand même !) qui nous empêchent d’éplucher chaque matin avec passion la presse et d’en débattre autour d’un mauvais café !

Co-rédigé par Bénédicte Pouilly et Amelie Francoz-Aubry

Lire le communiqué de presse sur les principales conclusions de l’étude

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