Trois questions à Alain Lambert : quand sénateur rime avec blogueur et gazouilleur |
Alain Lambert, ancien Ministre du Budget, Sénateur de l’Orne et Vice-Président de la Commission des Finances du Sénat, est une personnalité politique qui affirme sa présence sur la toile : un blog richement alimenté, un profil Twitter vivant où il n’hésite pas à répondre à ceux qui l’interpellent ou à faire de l’ironie (et excusez du peu : près de 3 000 abonnés !), un profil Facebook, un album Flickr, et même un profil friendfeed…
Pourquoi s’engager dans les conversations en ligne ? Quel rapport un politicien entretient-il avec les médias sociaux ?
BM : Comment êtes-vous venu aux médias sociaux, et qu’en faites-vous ?
AL : Mon fils informaticien m’a ouvert en 2005 un blog et m’a dit : « tu en feras ce que tu voudras ». Je me suis vite emparé de l’objet pour m’exprimer, car on n’est pas élu sans avoir une bonne dose d’égo. Je blogue souvent pour tenter de faire émerger un sujet dont la presse ne traite pas. Évidemment, quand on entre dans des détails techniques concernant les finances publiques, il arrive bien souvent que l’on n’attire pas grand monde et que ça n’intéresse toujours pas davantage les médias. [rire]
Je suis venu à Twitter par défi, pour prouver que j’étais capable de m’en servir. Je continue par plaisir et Twitter devient vite addictif quand on s’y met activement. Depuis peu, mon collègue Jean Arthuis s’y est initié. Mais nous sommes encore peu nombreux à “gazouiller” au Sénat. Il y a aussi de faux profils Twitter de sénateurs assez drôles : j’ai pu tester discrètement un collègue dont le profil est actif, ses réponses me confirment que ce n’est manifestement pas lui qui a déposé et entretient le compte à son nom…
BM : Qui lisez-vous régulièrement en ligne ?
AL : En réalité je ne viens pas aux contenus par les auteurs de blogs mais plutôt par les sujets qui m’intéressent, et qui changent selon l’actualité. Je viens donc essentiellement par la recherche. Sur Twitter je suis davantage dans la conversation.
BM : Pourquoi un Sénateur ressent-il le besoin d’échanger directement avec les citoyens, alors qu’il est élu au suffrage indirect par de grands électeurs ?
AL : Certes, mais une personnalité politique s’enrichit en se confrontant à des opinions divergentes, même quand c’est un sénateur ! J’ai choisi d’engager le dialogue. Par ces outils de conversation, j’entre ainsi en contact avec des populations et des tranches d’âges que j’ai moins l’occasion de côtoyer dans mon quotidien. Ce sont aussi des outils réactifs qui permettent de tâter le pouls en direct, de s’informer ou de faire appel à une communauté, d’anticiper certaines réactions. Et puisqu’on est dans l’instant et la décontraction avec Twitter, on peut se permettre quelques piques et un peu d’humour en 140 caractères.






9 juin 2010 à 17:32
Merci pour votre billet et bravo pour votre culture économique et politique, lors de notre déjeuner. Je n’ai pas encore utilisé l’avatar que vous m’avez offert car les fripons qui sévissent sur Twitter m’ont déjà placé en maison de retraite. L’accentuation me vaudra immédiatement l’hôpital ou la morgue sans détour ! Bien cordialement.
9 juin 2010 à 21:25
[...] : - Sur les pas du sénateur A. Lambert par Vogelsong - L’accroc des finances par Sebmusset - Quand sénateur rime avec blogueur et gazouilleur par Enikao Lectures complémentaires:Bouclier fiscal : le boulet du sarkozysmeLes déboires d’Yves [...]
9 juin 2010 à 21:44
[...] Quand sénateur rime avec blogueur et gazouilleur – Enikao [...]
11 juin 2010 à 16:47
[...] donc. 2 de gauche, 2 de droite et 1 média : David Doucet, initiateur de la rencontre ; Authueil ; Enikao ; Seb. Musset ; [...]
14 juin 2010 à 7:50
Merci encore à vous pour ces riches échanges. Ne craignez rien des fripons, je crois que vous avez de la ressource
16 juin 2010 à 4:36
Et merci pour votre trés interessant post sur notre blog.
8 juillet 2010 à 19:57
Bonjour. Ce que je constate, avec l’arrivée des jeux en lignes et la légalisation des paris sportifs, c’est qu’il n’y a pas vraiment de révolution comme on en parle tant. Il s’agit surtout d’un coup de marketing, plus ou moins ciblé. Merci pour l’article.