Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles

Osez rêver et braver l’impossible… C’est par cette injonction que l’aventurier Bertrand Piccard a ouvert la Global Conference 2010 des Ateliers de la Terre, rendez-vous annuel majeur sur le thème du développement durable, à Evian les 17,18 et 19 novembre derniers. Comment ignorer les mots d’un homme qui, après un tour du monde en ballon, a récemment concrétisé le rêve d’un vol perpétuel sans émissions de CO2, grâce à un avion alimenté par la seule énergie solaire ?

Durant toute la durée de ces Ateliers, une interrogation majeure a sous-tendu les nombreuses conférences et ateliers proposés : face à l’échec des dirigeants internationaux à s’accorder sur des mesures politiques, l’innovation – notamment technologique – est-elle la seule valeur commune sur laquelle s’appuyer pour faire face aux défis sociétaux de notre temps ? Au terme des échanges, il est apparu que si l’innovation ne saurait constituer une quelconque panacée, elle avait toute sa place dans la réflexion.

L’innovation sociale, clé des enjeux sociétaux ?

La Global Conference a été l’occasion de rappeler que l’innovation recouvre une réalité protéiforme, avec les dimensions technologiques et sociales comme principales facettes. Le concept d’innovation sociale en particulier a suscité un débat parfois vif, souvent riche lors de ces Ateliers. En la matière, la Global Conference a révélé un foisonnement de bonnes pratiques de tous les acteurs concernés : ONG, pouvoirs publics et, surtout, entreprises.

Solutions innovantes de McCain pour une agriculture raisonnée, actions de transfert du savoir-faire dans le domaine de l’accès à l’eau de Suez Environnement, initiatives de LU en matière de biodiversité ou encore de Danone dans le domaine du microcrédit sont autant d’innovations sociétales marquantes émanant d’acteurs privés. A cet égard, la Global conference a réaffirmé avec force le nouveau rôle de l’entreprise dans la vie de la cité. Jadis cantonnées à la production de produits et services, les entreprises ont aujourd’hui intégré la nouvelle exigence qui s’impose à elles : contribuer à résoudre des problèmes sociétaux.

Singularité des cultures, globalité des solutions

La Global Conference a également souligné l’importance de la culture, dans ses multiples acceptions, dans le processus de réflexion sur l’avenir de la planète. Le programme pédagogique « Mobil’idées » que la SNCF met à disposition des enseignants constitue une initiative édifiante en la matière. Elaborés en collaboration avec ces derniers, les contenus pédagogiques proposés leur permettent d’aborder la thématique de l’éco-mobilité dans le cadre de nombreuses matières : géographie, sciences économiques et sociales, mathématiques… L’objectif du programme ? Sensibiliser les enfants au développement durable afin qu’ils puissent, à leur tour, sensibiliser leurs parents.

Mais l’innovation ne peut faire figure de remède miracle à tous les maux de la planète. Ainsi Jean-Pierre Raffarin a-t-il, à titre d’exemple, appelé de ses vœux une réflexion globale sur notre modèle de gouvernance, devant selon lui aboutir à une « République de la planète », permettant de lier singularité des cultures et globalité des solutions.

Nouvelles mobilités, villes intelligentes, agriculture raisonnée, microcrédit et micro-assurance… Face aux trésors d’invention dont l’esprit humain est capable, on sort de la Global Conference épuisé mais confiant.

par Xavier Bossaert et Antoine Méry.

2 commentaires pour “Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles”

  1. Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles – Burson-Marsteller – France dit :

    [...] lire ce billet, cliquez sur ce lien. [...]

  2. stanes dit :

    l’agriculture raisonnée n’est jamais que la poursuite de la domination sur le marché des vendeurs de pesticides et autres engrais ; la seule agriculture qui DOIT reprendre sa place sur cette pauvre planète exploitée pour les profits des uns et des autres et jusqu’à la lie (avec betes, gens et plantes) est l’agri biologique ; mais monsanto, bayer, syngenta, basf, pioneer, ne sont évidemment pas d’accord.
    qu’en PENSEZ-VOUS?

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