Les Journees Francophones de Nutrition ont la frite

Bienvenue chez les Ch’tits a-t-il été la raison du choix de la Société Française de Nutrition (SFN) de faire son congrès à Lille ? Peut-être… En tout cas il fallait que la frite soit présente, et c’était le cas aux 8ème Journées Francophones de Nutrition qui se sont achevées la semaine dernière.

Nous y avons accompagné McCain pour présenter l’aboutissement d’un an de travail avec des experts internationaux autour de la pomme de terre : une publication des Cahiers de Nutrition et Diététique entièrement dédiée à ce tubercule « pas toujours considéré à sa juste valeur » pour citer le Pr Bernard Guy-Grand, expert incontournable de la nutrition en  France et président du Comité de Rédaction des Cahiers. L’objectif de la publication est simple mais ambitieux : répondre à toutes les questions qu’un nutritionniste pourrait se poser autour de la pomme de terre, grâce à des articles écrits par des experts reconnus.

Du champ à l’assiette, de l’histoire de la pomme de terre au devenir de l’amidon après rétrogradation (comprendre refroidissement), la pomme de terre enlève ainsi sa robe des champs et nous livre tous ses secrets. Elle se découvre comme un trésor nutritionnel et culturel, incontournable en Europe depuis l’Irish Stew jusqu’à la Tortilla de patatas, en 80 pages bilingues français / anglais, une première pour la SFN !

Il fallait des auteurs… à la hauteur de l’enjeu. Et ce ne sont pas moins de 18 experts qui ont mis la plume à l’encrier pour écrire ces articles. Parmi ces sommités internationales, les Français ont répondu présents.Hubert Bonin, Professeur d’histoire économique à l’Université de Bordeaux, a rappelé combien les frites étaient profondément ancrées dans la culture européenne. Les expertes Nicole Combe et Anne Castera ont traité du devenir des matières grasses lors de la friture. Le Dr Lecerf, chef du service de nutrition de l’Institut Pasteur de Lille a mis en avant la richesse nutritionnelle de la pomme de terre. Et enfin le Pr Trystram, directeur de l’Unité Mixte de Recherche sur les transformations des aliments à AgroParisTech, a décrit et expliqué la complexité des processus physico-chimique mis en jeu lors de la cuisson du tubercule.

Pendant trois jours, nous avons eu le plaisir de partager ces savoirs avec les visiteurs du stand, de recueillir les points de vue des spécialistes présents et d’assister à des conférences de haut niveau scientifique. Les enjeux actuels de santé expliquent le succès croissant de cette rencontre annuelle, qui a rassemblé cette année plus de 1 400 professionnels de la nutrition.

Leur mission est immense : concilier le « repas gastronomique des Français » avec l’idéal de minceur des Françaises est déjà un défi. Réconcilier les politiques de santé publique avec les enjeux économique de l’entreprise en est un autre tout aussi ambitieux. C’est le défi proposé aux entreprises agro-alimentaires à travers la Charte d’engagement de progrès nutritionnel notamment, et qui sera développé dans le prochain Plan National Nutrition Santé. La prochaine édition du Plan devrait voir le jour l’année prochaine, avec une attention particulière sur l’apprentissage de la cuisine et l’activité physique. Il fera surement l’objet d’un billet sur notre blog…

2 commentaires pour “Les Journees Francophones de Nutrition ont la frite”

  1. Lester dit :

    En somme c’est bon de manger des frites tous les jours ?

  2. Ghislaine Challamel dit :

    Bonjour Lester,

    Outre le fait que vous risquez de vous lasser, ce n’est jamais bon d’avoir une alimentation peu diversifiée. Les frites, c’est dans l’idéal pas plus d’une fois par semaine, en portion de 150 à 200g, et accompagné de légumes verts et d’une source de protéines. Un repère: 150 grammes de frites c’est la portion moyenne dans les fast-food.

    Un autre « truc »: plus les frites sont grosses et moins elles contiennent de matière grasse. Préférez également les frites au four : en moyenne elles contiennent 5 à 8% de matières grasses, contre 10 à 15% pour les frites faites en friteuse.

    Lors de nos échanges aux JFN, les nutritionnistes se sont surtout montrés soucieux de réduire la quantité d’aliments que nous mangeons. Les dernières recommandations de l’ANSES réduisent l’apport calorique journalier à 2000 kcal, contre 2200 précédemment.

    Ceci dit, à la veille de Noël, il vaut peut-être mieux ne pas trop penser à l’aspect nutritionnel du repas et remettre ça aux bonnes résolutions de janvier :)

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