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02/06
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Responsabilité : il n’y a pas que l’environnement !Posted By Philippe Pailliart |
Coordinateur au niveau européen de l’expertise « corporate responsibility » de Burson, j’ai été impressionné par les résultats de l’étude d’Accenture France sur les entreprises françaises et le développement durable. 90 % d’entre elles affirment prendre en compte les enjeux du DD dans l’élaboration de leurs stratégies d’investissement, 70% le considèrent créateur de valeur financière et 80% facteur de différentiation. On est loin de la « contrainte éthique » des années 80 : la responsabilité corporate est devenue opportunité de croissance, au plus proche des attentes des clients et consommateurs.
Merci à Al Gore et au Giec …et aussi au « Grenelle » national : l’environnement se taille bien légitimement la part du lion des actions menées par les entreprises. De la stratégie et de la planification : l’environnement , c’est de l’argent et les investissements d’aujourd’hui sont les économies de demain. Moins de « green washing » et de « marketing ecolo », même si le coté « récup » de certaines campagnes en cours laisse sceptique.
Autre priorité, la recherche d’une meilleure qualité sociale au sein de l’entreprise : égalité hommes/femmes, diversité, politiques d’implication et de motivation, de formation et d’intéressement, profils de carrière… Au-delà des gains de productivité attendus, chacun reconnaît que le capital humain reste le premier atout et une composante essentielle de cet « immatériel » si puissant en termes de valorisation boursière ou de réputation.
Il en est de même des actions d’engagement sociétal qui se multiplient et permettent ainsi aux entreprises de développer un dialogue différent, souvent original, avec certaines de leurs parties prenantes.
En revanche, la relation entre business et respect des droits de l’homme, droits sociaux compris, ne me semble pas être prise en compte suffisamment par les entreprises. Je ne veux surtout pas minimiser ce qui est fait . Beaucoup d’entreprises ont ainsi adhéré aux principes très généraux du « Global Compact » de l’ONU qui associent droits de l’homme, respect de l’environnement et lutte anti-corruption ; D’autres ont mis en avant des positionnements clairs et nets et déployé des programmes d’actions courageux . Mais globalement peu d’entre elles se sont réellement engagées . Un exemple ? la rédaction du guide « for integrating human rights into business management (pdf) » par 13 d’entre elles au sein du BLIHR (Business Leaders Initative on Human Rights, présidée par Mary Robinson) n’a mobilisé que peu d’énergie et reçu un écho relativement faible. De même, « le risque droits de l’homme » est encore peu pris en compte par les risks managers. Enfin , j’ai été surpris d’apprendre par des acteurs locaux que les mesures concrètes menées par les entreprises sur le terrain, diminuaient , notamment les audits sociaux des fournisseurs.
Je suis persuadé que la relation « business & droits de l’homme », sera dans les prochains mois, un élément clé de l’actualité et donc de la réputation des entreprises. Et ce, bien au-delà des J.O de Pékin . Ceux-ci incitent déjà les Ongs et les médias, parallèlement à leur mobilisation contre le Gouvernement chinois, à s’intéresser à l’actualité des sponsors et des entreprises installées en Chine. La pression monte sur le web , elle sera bientôt forte dans les médias traditionnels.
La question des droits humains va ainsi s’imposer aux entreprises comme une problématique majeure à laquelle leurs parties prenantes et l’opinion publique vont être de plus en plus attachées. En dehors de l’aspect moral essentiel, un positionnement clair et des actions courageuses pourraient constituer un fort élément de différentiation.

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